Adios Ecuador, bienvenidos a Colombia, huevón !
De Quito a Cali
29.09.2011 - 11.10.2011
Il est 4h du mat quand les lumières du bus Puerto Lopez-Quito s’allument dans ma face me réveillant péniblement. Pourquoi faut-il toujours que les bus arrivent à destination juste au moment où j’ai enfin réussi à atteindre un demi-sommeil assez profond pour ne rien comprendre en me réveillant ?
On ne veut pas payer une nuit d’hôtel pour les quelques heures qui suivent alors on va se poser au Coffee Tree, un bar ouvert 24/24 à la Plazuela Foch dans la Mariscal. On se fait entuber de 5 dollars pour un pot de chaï riquiqui, sans lait, et pas bon. Mais on peut attendre relativement au chaud que le soleil se lève, et on profite du WiFi pour chercher des hostals pas cher dans le coin (on a perdu notre chapitre Ecuador du Lonely Planet avant d’arriver à Puerto Lopez).
On veut économiser, alors on se retrouve dans une chambre pas chère mais qui ressemble plus à une remise de jardin. Mais il y a une cuisine, petit-déj pas trop cher et c’est bien placé. On dort quelques heures puis on va visiter la vieille ville coloniale. C’est très beau, que des bâtiments de style colonial. On se ballade un peu et on va visiter gratuitement le palais du gouvernement et on reçoit même une photo-souvenir avec « El palacio del gobierno ahora es de todos ». On va encore visiter une expo de photo dans un centre culturel, et le musée de la ville, musée historique situé dans un ancien hôpital du 17ème siècle.
On a de la chance : la « semaine de la mobilité » s’achève, et les rues du centre sont fermées aux véhicules. Il y a aussi des animations, genre musique et danse folklorique, théâtre en plein air… Mais il fait froid et il pleut par moments! Le contraste est cruel après la chaleur de la côte.
Le lendemain on retrouve Jennifer, une amie de Fabiola. Elle nous emmène en voiture chez elle dans la banlieue nord, et nous présente à ses parents super sympas et accueillants. On va ensuite tous ensemble à la Midad del Mundo (moitié du monde) site touristique situé sur la ligne de l’équateur au nord de Quito. On visite le site commercial avec le monument en forme de globe, et le musée situé « à la véritable latitude 0°0’0’’ calculée par GPS », un drôle de petit musée en plein air qui mélange les animaux dangereux de la jungle et les indiens réducteurs de tête (avec une véritable tête réduite d’enfant de 12 ans, et une de paresseux adulte), une maison traditionnelle de la sierra, et surtout une série d’expérience pseudo-scientifiques à expérimenter sur la ligne équinoxiale qui est peinte en jaune sur le sol en béton : lavabo qui se vide dans un sens puis dans l’autre selon qu’on le place d’un côté ou de l’autre de la ligne, œuf à placer en équilibre, cadran solaire… On en ramènera un diplôme certifiant qu’on a bien mis en équilibre un œuf sur une tête de clou à la latitude 0° certifiée par satellite GPS etc. etc…
On va manger avec la famille dans un restau de la midad del mundo commerciale, on voit des danseurs de Caporales équatoriens (les Caporales est une danse typique de Bolivie et en particulier Cochabamba), puis on va faire une sieste. Le soir on sort avec jenny et son cousin. On boit des bières (dos por uno happy hour) puis des bocaux à poisson rempli de cocktail. On danse et on se réveille le lendemain avec un gros mal de tête, et on décide de mettre à profit dette journée qui sinon serait perdue pour quitter notre boui-boui et continuer notre route vers le nord.
Après 2 ou 3 heures de route on arrive à Otavalo, une petite ville spécialisé dans le tissage et la broderie, et célèbre pour son marché d’artisanat. On trouve un hôtel sympa avec salle de bain etc. pour plus ou moins le même prix qu’à Quito notre cage-à-cuy, et on se repose.
Le lendemain on se promène un peu dans le village, achète quelques souvenirs au marché et on prend un bus pour Tulcán, la ville à la frontière avec la Colombie. On arrive à Tulcán à la tombée de la nuit, on prend un taxi pour la frontière, et on entre en Colombie. C’est la première frontière qu’on passe sans aucun problème, tampons pour 60 jours, pas de bakshish. Ca commence bien ! On finit en colectivo jusqu’au centre de la ville de Ipiales, la ville du côté colombien, et on prend un hôtel. On ira encore manger quelque chose et puis dormir. Ces premiers instants confirment certains des idées reçues qu’on avait sur la Colombie : les gens sont très sympas, et il y a des magasins de lingerie féminine à tous les coins de rue. Par contre on est à 2800m d’altitude et l’ambiance n’est pas vraiment tropicale.
Le lendemain matin, on se prépare à partir tôt, mais la dame de l’hôtel nous conseille de visiter le sanctuaire de la Virgen de Las Lajas, la principale attraction touristique de la ville. Il s’agit d’un improbable édifice de style néo-gothique à la Neuschwanstein, plantée sur des fondations à rallonge, au fond d’une profonde et abrupte gorge à la végétation luxuriante. Impressionnant et déconcertant dans le continent du baroque colonial! De plus cette vierge-là semble assez efficace côté miracles, à en juger par le nombre impressionnant de plaques exprimant la gratitude des bénéficaires.

On continue ensuite jusqu’à Popayan, où on arrive dans la soirée. On galère un peu pour trouver un hôtel, c’est cher ! On y passe juste la nuit et le matin, après un petit-déj colombien (riz, œuf, patates et arepa, galette de maïs, ça nourrit !) on part pour San Agustin, où on va retrouver Patrick, mon ancien collègue de service civil, qui va y passer quelques semaines de woofing (travail à la ferme en échange du gîte et du couvert).
Le trajet est intéressant et on traverse des paysages magnifiques. Triple ligne de barbelés sur poteaux de bois vermoulus qui contiennent des vaches noir et blanc saupoudrées sur les collines vertes… A part la canne à sucre et les buissons bizarres, ça a quelque chose de familier. Mais la route est pourrie et ça nous prend 6 heures pour 150 km. Sur le chemin la présence militaro-policière, déjà forte à Popayan, se fait fortement sentir. Patrouilles, barrages et même tanks rangés le long de la route. Il y a quelques années cette région était infestée de guérillas, mais c’est maintenant beaucoup plus tranquille. A San Agustin aussi, on voit régulièrement des patrouilles de militaires équipés de leurs Galils et des policiers à cheval. Mais tut cela dans une ambiance presque bon enfant, c’est assez particulier.
A l’arrivée on prend une chambre à l’hôtel Maya, tenu par Mario et sa femme, un couple de Colombiens exceptionnels. On est un peu chez eux, et ils nous traitent presque comme des membres de la famille. En plus c’est pas cher (20'000 pesos pour une chambre double – environ 10$) et il y a du café et de la limonade gratuits à volonté. On passera une petite semaine à San Agustin, ville (ou plutôt village) réputé pour ses sculptures très anciennes, mais dont les vrais atouts seraient plutôt l’ambiance et les paysages.
C’est un mélange particulier de Colombie rurale traditionnelle, de hippies colombiens et de backpackers internationaux. On retrouve le lendemain de notre arrivée Patrick qui arrive en stop de Bogota, accompagné d’un jeune clochard de 15 ans qu’il a ramassé en route et qui prétend être équatorien. Le lendemain, ledit gamin s’en ira en cachette emportant ton porte-monnaie avec sa carte bancaire et son argent… Pauvre Patrick, victime de son instinct « maternel » … et des moqueries des autres Colombiens !
On fait la fête avec les hippies (los locos), on visite les sites archéologiques et on se promène dans des paysages superbes, et on fait mieux connaissance avec les Colombiens : tous ceux dont on fait la connaissance sont des gens incroyables, super amicaux, aimables, polis, serviables… On a de la peine à comprendre comment ce pays a passé (et passe) par tant de problèmes et de violence. Ça doit être, comme une amie nous dira à Bogota, parce que ceux qui sont mauvais sont vraiment très très mauvais !

A San Agustin, je profite du cadre (la terrasse panoramique de l’hôtel notamment) pour travailler un peu. On s’habitue vite au rythme tranquille de la ville et le moment venu c’est difficile de partir. Mais on part quand même et on retourne à Popayan, où on reste une nuit pour visiter la ville qui est très jolie dans le style colonial. Encore une ville qui prétend au titre de « Ciudad Blanca », après notament Sucre en Bolivie, et Arequipa au Pérou.
On continue ensuite jusqu’à Cali, la capitale de la salsa colombienne. On est logé dans l’appart d’une amie de Fabiola, ou loge une amie de la famille, Mary. Mary est très sympa, mais elle la pauvre a une vie un peu déprimante, et c’est un peu contagieux, et le séjour à Cali ne sera pas vraiment synonyme de pachanga comme il se devrait. On visite un peu la ville et on fait quand même une excursion au lac Calima, une vallée brumeuse au dessus de Cali, avec un lac artificiel peuplé de kyte-surfers, qui fait un peu penser à une vallée alpine.
On continuera ensuite notre route vers l’Eje Cafetero…
Gallerie Quito
Gallerie Ipiales
Gallerie San Agustin
Gallerie Popayan
Gallerie Cali
Posté par DonDrito 20.10.2011 14:37 Archivé dans Colombie Commentaires (0)


